Le « Cyanide Code » et les revêtements flottants : comment respecter la norme de pratique 4.4

Tous les trois ans, une exploitation aurifère ou argentifère certifiée selon le Code sur le cyanure fait l'objet d'un audit de recertification mené par un auditeur indépendant. Parmi les dizaines de questions figurant dans le protocole de vérification, l'une d'entre elles trouve sa réponse en observant un bassin : qu'est-ce qui empêche un oiseau, un renard ou du bétail de boire cette solution ?
Cet article explique les exigences du Code concernant les bassins de solutions de traitement, les options disponibles pour empêcher l'accès à la faune sauvage, et la place qu'occupe une couverture flottante modulaire telle que Covex® dans une stratégie de conformité vérifiable.
Qu'est-ce que le « Cyanide Code » ?
Le Code international de gestion du cyanure est un programme de certification volontaire, fondé sur les performances, destiné aux exploitations minières d’or et d’argent ainsi qu’aux producteurs et transporteurs de cyanure. Il est géré par l’Institut international de gestion du cyanure (ICMI), dont le siège se trouve à Washington, DC.
Son origine remonte à un accident. En janvier 2000, à Baia Mare, en Roumanie, environ 100 000 m³ de résidus miniers contenant du cyanure se sont déversés dans un affluent du Danube, provoquant une mortalité massive de poissons. Le PNUE a organisé un atelier international à Paris, et en mars 2002, le Code a été officiellement présenté lors du Forum mondial des ministres des Mines à Toronto.
Sa structure est simple :
- Principes : engagements généraux (production, transport, manutention et stockage, exploitation, démantèlement, sécurité des travailleurs, intervention en cas d'urgence, formation et dialogue avec les communautés).
- Normes de pratique : objectifs de performance associés à chaque principe.
- Protocoles d'orientation et de vérification : les questions spécifiques examinées par l'auditeur.
L'auditeur émet une conclusion pour chaque norme de pratique : conformité totale, conformité substantielle (qui nécessite un plan d'actions correctives pouvant être mis en œuvre dans un délai d'un an) ou non-conformité. La conclusion la plus basse détermine le statut de l'ensemble de l'activité. Le Code vient compléter la réglementation locale ; il ne la remplace pas.
Rôle des étangs : Principe n° 4, Norme de pratique 4.4
Le principe n° 4 (Exploitation) exige la gestion des solutions de traitement au cyanure et des flux de déchets afin de protéger la santé humaine et l'environnement. Dans ce cadre, la norme de pratique 4.4 impose la mise en œuvre de mesures visant à protéger les oiseaux, les autres espèces sauvages et le bétail contre les effets néfastes des solutions de traitement au cyanure.
Trois définitions structurent tout le reste :
- On entend par « solution de traitement » toute solution contenant au moins 0,5 mg/L de cyanure d'WAD . Cette définition s'applique aux bassins de solution en service et hors service, aux bassins intermédiaires, d'urgence et de rétention des eaux pluviales, aux canaux, ainsi qu'aux plans d'eau à ciel ouvert situés sur les plateformes de lixiviation en tas.
- Le seuil de 50 mg/L de cyanure ( WAD ) constitue la valeur de référence du Code pour les eaux libres. Si l’exploitation est conçue pour rester en dessous de ce seuil, des mesures d’exclusion physique peuvent ne pas être nécessaires, mais la concentration de référence doit être consignée dans les procédures d’exploitation.
- Si la concentration dépasse, ou est susceptible de dépasser, cette valeur, l'exploitation doit restreindre l'accès à la faune sauvage. Le guide de l'ICMI consacré à l'exploitation minière cite notamment les clôtures, les filets et les « bird balls » flottants parmi les mesures couramment utilisées.
Un aspect qui surprend souvent les équipes d’exploitation lors des audits est la gestion du changement. Le guide cite un exemple concret : une mine fonctionnant à une concentration inférieure à 50 mg/L qui commence à traiter du minerai à plus forte teneur en cuivre aura besoin de davantage de cyanure pour le lixivier, et sa solution peut devenir toxique pour les oiseaux. La procédure de gestion du changement doit anticiper ce scénario. Une exploitation dont la protection repose uniquement sur le maintien d’une faible concentration est exposée à des risques chaque fois que le minerai, le circuit de recirculation ou le rendement de l’installation de destruction changent.
Pourquoi les oiseaux se retrouvent-ils dans les étangs ?
Dans le désert d'Atacama, au Nevada, sur l'altiplano péruvien ou dans l'Outback australien, un bassin de lixiviation peut être la seule source d'eau visible à des dizaines de kilomètres à la ronde. Vu du ciel, une surface d'eau à ciel ouvert est un signe indéniable. Ni les voies migratoires ni la présence occasionnelle d'oiseaux aquatiques ne permettent de distinguer une lagune d'un bassin de lixiviation aride.
La toxicité est élevée et d'action rapide. Les valeurs de DL50 par voie orale rapportées pour les oiseaux varient de 0,8 mg/kg de poids corporel (pigeon voyageur américain) à 11,1 mg/kg (poulet domestique), les symptômes apparaissant entre une demi-minute et dix minutes après l’ingestion ; l’ingestion de solutions de cyanure à l WAD e peut entraîner une mortalité différée. Cette mortalité différée constitue le problème silencieux : l’oiseau boit, s’envole et meurt loin de la clôture.
C'est pourquoi la littérature technique souligne que les mortalités aviaires passent généralement inaperçues et sont considérablement sous-estimées, ce qui donne l'impression qu'il n'existe aucun risque et impose à l'exploitation la charge de prouver que la faune sauvage n'est pas menacée. Des études menées sur des canards, pris comme modèle d'oiseaux migrateurs, ont également observé des effets sublétaux à des concentrations bien inférieures à 50 ppm WAD. De nombreuses exploitations choisissent donc de restreindre l'accès, quelle que soit la concentration.
Options permettant de restreindre l'accès, et leurs limites
Clôture de périmètre. Convient au bétail et aux mammifères. Elle n'empêche pas le passage des oiseaux.
Filets. Efficaces lorsqu'ils sont bien conçus, mais leur coût augmente proportionnellement à la surface ; ils nécessitent une structure de soutien, doivent supporter les charges dues au vent, à la neige et à la glace, gênent le fonctionnement des pompes, la mise à l'eau des bateaux et l'accès, et toute déchirure ouvre une brèche. Sur les grands étangs, leur entretien devient un poste budgétaire permanent.
Effarouchement (canons, lasers, sons, effigies). Les techniques d’effarouchement se sont révélées inefficaces : les oiseaux s’y habituent.
Destruction du cyanure. Ce procédé réduit l’ WAD e et constitue un outil essentiel du Code, mais l’obtention de concentrations inférieures à 50 mg/L par oxydation à l’aide de SO₂/air, d’H₂SO₅ ou d’H₂O₂ implique une consommation de réactifs et des coûts qui peuvent s’avérer considérables.
Les couvertures flottantes. Elles masquent la surface d'eau libre, qui attire les oiseaux. Elles ne nécessitent ni structure ni entretien : elles s'adaptent au niveau de l'étang, laissent passer la pluie et s'installent sans qu'il soit nécessaire de vider l'étang. Il s'agit d'une mesure passive et permanente, ce qui, dans le jargon de l'audit, signifie qu'il s'agit d'un élément de preuve facile à présenter.
Comment fonctionne Covex® ?
Covex® est une couverture flottante modulaire composée d'hexagones en PEHD contenant un ballast d'eau scellé en usine. Chaque module mesure 152 mm (6 pouces) de côté et pèse 270 g (0,6 livre) ; 50 modules couvrent un mètre carré.
Ce qu'il faut retenir concernant la norme de pratique 4.4 :
- Couverture de 98 % de la surface. La surface d'eau libre disparaît. Vue du ciel, l'étang ne ressemble plus à un plan d'eau.
- Stabilité au vent. Le profil aérodynamique et une hauteur exposée au-dessus de la ligne de flottaison de seulement 27 mm garantissent une résistance au vent contractuelle de 100 km/h (62 mph). La bâche ne se retrousse pas et ne présente pas de zones dénudées après une rafale, ce qui correspond exactement à ce que l'auditeur vérifie sur le terrain.
- Aucun entretien, aucune consommation d'énergie. Les unités s'adaptent automatiquement aux variations de niveau. Il n'y a ni filets à réparer, ni équipement à faire fonctionner.
- Durabilité. PEHD avec additifs anti-UV et antioxydants, plage de fonctionnement de -40 °C à 85 °C (-40 °F à 185 °F), garantie de 10 ans et durée de vie prévue de 25 ans. Entièrement recyclable en fin de vie.
- Installation sur des bassins en service. Il n'est pas nécessaire d'arrêter le circuit ni de vider le bassin.
Covex® est l'évolution de Barrier Ball®, la première couverture flottante des Amériques, en service depuis 1997. Le principe reste le même : éliminer l'interface eau-air. La géométrie hexagonale permet d'augmenter la couverture de 91 % (avec des sphères) à 98 % et de réduire les coûts logistiques au mètre carré. Au Chili, les autorisations environnementales (RCA) pour les projets miniers incluent déjà les couvertures à billes flottantes parmi les mesures obligatoires visant à empêcher la faune d'accéder aux bassins de traitement, et les autorités de contrôle vérifient leur présence lors des inspections sur site. En d'autres termes, une couverture flottante n'est pas une idée nouvelle pour les autorités de contrôle : c'est une mesure qu'elles savent déjà évaluer.
Avantages supplémentaires dans une usine de cyanuration
La même barrière qui empêche les oiseaux d'entrer a d'autres effets qu'il convient de prendre en compte dans l'analyse :
- Évaporation. Covex® réduit l'évaporation d'environ 97 % sur des réservoirs de taille industrielle. Dans le cadre d'une exploitation située dans une région aride, cela se traduit par une diminution des besoins en eau d'appoint et une concentration plus stable des réactifs dans le circuit.
- Chaleur et gel. Dans les mines situées en haute altitude ou sur les sites où les hivers sont rigoureux, la couverture limite les pertes de chaleur de la solution et retarde le gel du bassin.
- Algues. En l'absence de lumière solaire à la surface, la prolifération des algues dans les bassins de solution stérile et d'eau de process diminue d'environ 95 %, ce qui réduit l'encrassement des filtres et des pompes.
- Échange gazeux. La réduction de l'interface eau-air diminue la volatilisation du HCN à la surface, ce qui se traduit par une perte moindre de réactif et une concentration plus faible de gaz dans l'environnement immédiat du bassin. Parallèlement, cela peut ralentir la dégradation naturelle au sein de ce bassin. Cet effet est pris en compte dans le bilan cyanuré de chaque opération.
Ce qu'une couverture flottante ne fait pas
Nous préférons le dire avant que l'auditeur ne pose la question :
- Cela ne réduit pas la concentration en cyanure WAD . Ce dispositif limite l'accès ; il ne remplace pas la destruction du cyanure, la surveillance ni les relevés d'observation de la faune.
- Elle ne constitue pas en soi une certification. Le respect de chaque norme de pratique est déterminé par l’auditeur sur la base d’éléments probants : la couverture doit être décrite dans les procédures opérationnelles, et des registres d’inspection relatifs à la couverture et à l’intégrité doivent être tenus.
- Ce produit n'est pas destiné aux installations de stockage des résidus miniers. Covex® est conçu pour les bassins de décantation, et non pour les installations de stockage des résidus miniers (TSF), qui sont soumises à leurs propres exigences en matière d'inspection et de sécurité.
- Cela nécessite une vérification de la compatibilité chimique. Le PEHD est très résistant aux solutions alcalines, mais avant de nous engager sur une garantie, nous effectuons un essai d'immersion avec la solution de traitement réelle.
- Cela modifie légèrement le bilan hydrique. Le couvercle déplace son propre poids dans la solution, ce qui correspond à une élévation du niveau d’environ 13 mm (0,5 pouce) sur la zone recouverte. La pluie continue de s’infiltrer et la capacité de rétention en cas d’orage reste inchangée, mais cette valeur doit être indiquée dans la documentation relative au franc-bord requise par la norme de pratique 4.1.
Liste de contrôle pour se préparer à l'audit
- Répertorier tous les plans d'eau ouverts présentant une concentration d'WAD e égale ou supérieure à 0,5 mg/L : étangs, canaux, zones marécageuses.
- Conception du document WAD : concentration et valeurs réelles mesurées, bassin par bassin.
- Définissez la mesure de protection applicable à chacune d'entre elles : concentration contrôlée, restriction d'accès, ou les deux.
- Intégrez cette mesure dans les procédures opérationnelles et dans le processus de gestion du changement.
- Conservez les registres d'inspection (couverture, intégrité, observations de la faune) sur l'ensemble du cycle de trois ans, et pas seulement avant l'audit.
- Reliez cette mesure au bilan hydrique et au franc-bord.
- Intégrer la protection de la faune sauvage dans la communication communautaire (Principe 9).
Foire aux questions
Une couverture flottante remplace-t-elle l'usine de destruction du cyanure ?
Non. Il s'agit de mesures complémentaires : la destruction réduit l'WAD; la couverture protège la faune, même si l'WAD s varie.
Et qu'en est-il de la pluie et du franc-bord ?
L'eau de pluie s'écoule entre les modules et se déverse dans le bassin. Le couvercle ajoute environ 13 mm de déplacement, ce qui a été pris en compte dans la conception.
Peut-on l'installer sur un bassin déjà en service ?
Oui. Les unités sont lancées depuis le bord et se dispersent d'elles-mêmes grâce à leur flottabilité.
Est-ce que cela fonctionne pour les installations de stockage des résidus miniers ?
Non. Covex® s'utilise dans les bassins de décantation et les réservoirs d'eau de process.
Combien de temps cela dure-t-il ?
Garantie de 10 ans et durée de vie prévue de 25 ans en extérieur, sans aucun entretien.
Étape suivante
Si votre entreprise se prépare à une certification initiale, à un renouvellement de certification ou à la mise en place d’un plan d’actions correctives conformément à la norme de pratique 4.4, nous pouvons passer en revue ensemble l’inventaire de vos bassins, estimer la surface à couvrir et vous proposer un essai d’immersion avec votre solution de traitement. N’hésitez pas à nous contacter : nous vous ferons part d’études de cas dans le secteur minier.
→ En savoir plus sur les bâches flottantes destinées à l'exploitation minière : /mining


















